Identity

Projet d’étude (2002) Exposition collective en France et au Luxembourg.

L’identité est mémoire. Mémoire d’un pays qui nécessite la connaissance de son histoire et de son passé.
Chaque individu est une partie intrinsèque de cette entité nationale qui s’étend, au niveau européen, à une dimension autre, l’identité collective. C’est l’union de plusieurs pays, hommes et femmes poursuivant un destin commun basé sur des identités diverses.

Mike Rouault – Identity


D’origine franco-germano-luxembourgeoise, Mike Rouault démontre la nécessité de connaître la multiplicité des facettes de l’autre afin d’éviter la haine déclenchée par l’ignorance et la peur de son prochain. «L’Empereur/Der Kaiser » se présente comme l’introduction, la première étape vers l’isolement devenu une nécessité inéluctable à son pouvoir. En effet, « l’Empereur ne communique pas, il décide et on exécute » précise l’artiste.

Seul, l’homme perd toute humanité, oublie sa propre identité. Il en résulte l’anéantissement de l’image universelle de l’espèce humaine, décrite très justement dans « I.N.R.I n°4496 ». Le sujet se résume en un matricule :« le n°44, fait référence à l’holocauste, le 96, à la découverte des premiers camps en ex-Yougoslavie. »
La peur de l’autre se traduit par une méfiance exacerbée.
Dans le dernier volet du triptyque, trois personnages côte à côte s’observent discrètement, leurs regards sont chargés d’angoisse, ils semblent dépourvus de vie. Leurs bouches sont masquées, ils ne veulent pas communiquer par crainte de perdre leur identité propre au contact de leurs semblables.

L’illustrateur a amené ses personnages à un point de non retour, sorte de mise en garde à l’attention des spectateurs. Il nous confronte à nos peurs les plus intimes, aspire à une prise de conscience collective car « il est important d’avoir de nos jours un devoir de mémoire, pour se souvenir, pour ne pas perdre notre identité, car sans histoire nous n’avons pas de futur. »

Céline Girardot